Daffy Duck

Rien de surprenant à ce que Daffy Duck ait une double personnalité ! Personnage maniaque pris dans un tourbillon d'aventures incroyables, doté au début de sa carrière d'un caractère explosif et définitivement imprévisible, Daffy Duck évolue sans cesse au cours des années. Entre les mains des animateurs de la Warner Bros., le petit canard noir s'étoffe, se livre à l'autoanalyse et devient à la fois plus compétitif et grognon, avec des tendances paranoïaques et névrotiques. Ainsi, Daffy Duck se retrouve de plus en plus à la merci d'un univers injuste qui semble favoriser tout le monde sauf Daffy Duck. Comment expliquer alors l'engouement de l'audience pour ce personnage ? Malgré ses échecs répétés, Daffy, comme le héros grec Sisyphe, est victime de l'injustice des autres contre laquelle il se bat inlassablement. Son refus d'abandonner la lutte et de se rendre aux volontés d'un monde d'intrigants en fait un parfait héros. Comment ne pas se sentir ému par un canard sans défense, à la voix si poignante, et dont les efforts se voient implacablement contrariés ? Ce qui le sauve à nos yeux, c'est sa détermination inébranlable : Daffy vise haut et lorsqu'il tombe de haut, c'est pour remettre la barre encore plus haut !

Tex Avery, Fritz Freleng, Bob Clampett et Chuck Jones ont tour à tour prêté leur talent au personnage de Daffy Duck. Souvent perdant, Daffy a remporté, cependant, de belles médailles. Ce valeureux combattant a eu, en effet, l'honneur de présenter les Oscars et a été la vedette ou a fait une apparition dans plus de 150 dessins animés et films, le plus souvent dans le rôle du héros - selon ses propres mots ! -, donnant la réplique à son partenaire d'infortune, le timide et lymphatique Porky. Dans une série d'épisodes mémorables, le malchanceux Daffy semble toujours tirer le mauvais numéro.

Dans "Daffy la terreur" (Drip-Along Daffy) et "Le vendeur masqué" (My Little Duckaroo), le duo comique, dans le rôle de deux justiciers de l'Ouest américain, réalise trop tard le danger de leur mission face au desperado Nasty Canasta. "Daffy Dodgers au 24ème siècle et des poussières" (Daffy Dodgers in the 24 1/2th Century), met sur orbite, en partance pour Planète X, les héros de l'espace dénommés "Duck Dodger" (Daffy) et "Eager Young Space Cadet" (Porky) afin de livrer bataille à Marvin le Martien, tout en recherchant l'Illudium Phosdex, l'atome de la crème à raser. Dans l'épisode "Elémentaire, mon cher" (Deduce, You Say), les deux compères revêtent les uniformes de Scotland Yard, avec Daffy dans le rôle de "Dorlock Homes" et Porky dans celui de "Watkins", deux fins limiers de Baker Street à la poursuite du dangereux Shropshire Slasher. Une fois de plus, c'est Porky (Watkins) et non pas Daffy qui capture le coupable.

Dans le chef-d'œuvre délirant réalisé par Chuck Jones, "Farce au canard" (Duck Amuck), Daffy se bat contre un animateur invisible qui le tourmente en changeant, à son insu, les arrière-plans et les accessoires, manipule la bande sonore et l'humilie à l'écran en l'effaçant et le redessinant à sa guise. Ce n'est pas pure coïncidence si le coupable n'est autre que "Bugs Bunny", dont le succès étonnant deviendra, au cours des années, un éternel objet d'envie pour Daffy et sera à l'origine de sa rancune légendaire. Dans les épisodes réalisés par Chuck Jones,"La Lapinomalose" (Rabbit Fire) et "Confit de Canard" (Rabbit Seasoning), ainsi que dans celui de Fritz Freleng, "A Star Is Bored", Daffy, pratiquement sans défense, et Bugs Bunny engagent une bataille rangée mémorable au cours de laquelle traits d'esprits et vitesse des réparties s'affrontent sans merci.

Si Daffy est celui qui, à la fin, doit faire amende honorable et ramasser les miettes de sa dignité, il est aussi celui qui, sans jamais les entendre, déclenche les rires reconnaissants des spectateurs comblés.

 
Les personnages, les noms de LOONEY TUNES et les indices d'affranchissement
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