LOONEY 101

"J'ai une dette immense à l'égard des créateurs des courts métrages Looney Tunes", déclare Brendan Fraser. "Ces petits films d'animation m'ont fait découvrir, à mon insu, la musique classique, la rythmique de la comédie, l'art de préparer et délivrer un gag ou un bon mot - et tout cela en l'espace de 6 minutes. Ils étaient toujours en phase avec l'actualité politique, les dernières tendances de la culture pop. Ces cartoons sont, bien sûr, parfaitement accessibles aux enfants, mais leur humour est assez sophistiqué pour plaire aux adultes. Ils m'ont diverti d'une façon incomparable...jusqu'à ce film."

C'est en 1930 que Warner Bros. lança sa célèbre série Looney Tunes en collaboration avec le producteur Leon Schlesinger. À l'époque, la plupart des studios hollywoodiens produisaient eux aussi des courts métrages animés, projetés en première partie de programme, mais aucun n'atteignit jamais la popularité de ces comédies à l'humour irrévérencieux, dont les premiers héros furent l'imperturbable Bugs Bunny, le très émotif Daffy Duck et le cochon bègue Porky, rejoints ultérieurement par le chasseur Elmer, le Diable de Tasmanie, Sam le pirate, Bip-Bip et son indécrottable ennemi Vil Coyote, Titi et Grosminet et bien d'autres.

Pour donner vie à ces personnages, Warner Bros. recruta un bataillon de créateurs : les animateurs Chuck Jones, Friz Freleng, Tex Avery, Bob Clampett, le génial doubleur Mel Blanc, le directeur musical Carl Stalling...Ces artistes, entrés depuis longtemps dans la légende de l'animation, ont raflé quantité d'Oscars et diverti en soixante-dix ans plusieurs générations de fans.

Depuis la fin de ces programmes, les Looney Tunes ont figuré dans d'innombrables émissions spéciales et compilations filmiques et ont même participé en guest-star au film pionnier de Robert Zemeckis QUI VEUT LA PEAU DE ROGER RABBIT? et au récent succès SPACE JAM, en compagnie de Michael Jordan. Pour honorer et perpétuer cette tradition, Warner Bros. Pictures distribuera en 2004 une nouvelle série de courts métrages Looney Tunes en prélude à plusieurs de ses longs métrages.

Deux figures se détachent de la joyeuse bande des Looney Tunes : le lapin Bugs Bunny, grand amateur de carottes et calembours, et son inséparable rival, l'ombrageux canard noir Daffy Duck. Depuis que Chuck Jones les réunit dans le court métrage "Rabbit Fire", Daffy et Bugs se sont livrés à une lutte aussi acharnée qu'hilarante. C'est sur cet antagonisme légendaire que repose également LES LOONEY TUNES PASSENT À L'ACTION.

Une nouvelle équipe

Le but premier des auteurs et producteurs des LOONEY TUNES PASSENT À L'ACTION fut de rester fidèles à l'humour rebelle et subtil qui a toujours été la marque des Tunes et le garant de leur popularité auprès des spectateurs de tous âges.

"Je pense que la longévité des Looney Tunes tient à la force d'impact de leur humour, politiquement incorrect", souligne le scénariste Larry Doyle, ancien producteur superviseur des "Simpson". "Ce film renoue avec l'irrévérence, l'esprit mordant, les traits de caractère et le style d'animation développés durant l'ère classique des Looney Tunes."

Paula Weinstein (Productrice) :
"Le scénario de Larry Doyle capte à merveille l'humour sarcastique, si singulier, si efficace des Tunes. Il a tout le punch qu'on attend de ces personnages attachants qui incarnent avec une irrésistible tous nos défauts : rapacité, ambition, paresse."

Bernie Goldmann (Producteur) :
"Les Tunes ont un côté music-hall complètement déjanté. Aujourd'hui tant de choses prêtent à rire qu'il était tentant de les faire renaître à Hollywood, où nous avons peut-être tendance à nous prendre un peu trop au sérieux."

Daffy :
Tu l'as dit!
LES LOONEY TUNES PASSENT À L'ACTION est le premier long métrage en prises de vues réelles où Bugs Bunny, Daffy Duck et la ménagerie des Tunes ont pour partenaires des comédiens de chair et de sang, avec lesquels ils interagissent tout au long de l'histoire.

"On n'avait pas tenté une mariage prises de vues réelles/animation aussi complexe depuis ROGER RABBIT", note le réalisateur Joe Dante, que le triomphal GREMLINS révéla au grand public en 1984. "LES LOONEY TUNES PASSENT À L'ACTION ne se contente pas de mettre une bande de personnages devant un fond bleu et de les incruster dans l'image. Il possède toutes les qualités d'un film d'action...avec en co-stars Bugs Bunny et Daffy Duck."

Chris deFaria (Producteur exécutif) :
"Joe avait déjà employé dans ses films toute la panoplie technique de celui-ci. Mais cela ne lui aurait été d'aucune utilité s'il n'avait eu la sensibilité idoine. Or Joe - je vous livre là le secret bien gardé de son succès - est resté un grand enfant, qui adore le cinéma et exprime à tout moment le bonheur fou de faire des films."

Bernie Goldmann :
"Joe est également en phase avec l'humour grinçant et subversif des Tunes, parent de celui de ses propres films."

Brendan Fraser :
"Joe est omniscient. C'est un fan d'animation doué d'une culture cinématographique inépuisable. En fait, il pourrait être lui-même un personnage de dessin animé."

Fraser fut le premier choix des producteurs pour incarner le vigile du studio et aspirant cascadeur DJ Drake.

Joe Dante :
"Nul n'était plus qualifié que lui pour ce rôle. C'est très difficile de jouer dans un film d'action/animation parce qu'on passe le plus clair de sont temps à dialoguer avec des personnages fantômes. L'acteur doit constamment faire appel à son imagination, et Brendan en a à revendre."

Brendan Fraser :
"Qui ne bondirait de joie à l'idée de jouer avec Bugs Bunny et Daffy Duck? C'est en me gorgeant très jeune des Looney Tunes que j'ai appris tout ce que je pense savoir sur la comédie."

Des succès internationaux comme GEORGE DE LA JUNGLE et le diptyque de LA MOMIE, des films dramatiques comme GODS AND DEMONS ou UN AMÉRICAIN BIEN TRANQUILLE illustrent l'étendue des talents de Fraser et, pour les premiers cités, sa familiarité avec les techniques d'effets spéciaux et l'infographie.

Chris deFaria :
"Nous avons demandé à Brendan des choses qui n'étaient pas évidentes : jouer "à vide" face à des partenaires imaginaires et, surtout, établir une relation authentique avec le premier d'entre eux, Daffy Duck."

Paula Weinstein :
"J'avais travaillé avec Brendan sur son premier film, WITH HONORES, et j'ai rarement vu un comédien accomplir des progrès aussi fulgurants. Il est devenu un second Cary Grant. Il est drôle, avec une aptitude particulière à se mettre en boîte...et il exécute lui-même ses cascades. Jenna et lui forment un couple parfait. Ils sont très drôles ensemble et leurs personnages suivent un parcours sentimental des plus classiques sans jamais tomber dans la guimauve".

Jenna Elfman rêvait de travailler avec Fraser depuis qu'elle l'avait découvert dans la comédie "préhystérique" CALIFORNIA MAN : <> "Je me souviens de m'être dit : "Mais qui est donc ce gars? Il est génial! "J'étais totalement séduite par la force de conviction qu'il mettait à jouer ce personnage, à le rendre réel."

L'actrice fut encore plus accrochée lorsqu'elle apprit que le film mettrait en vedette l'humour acerbe des Looney Tunes, avec pour cible son propre personnage de vice-présidente Comédie dénuée d'humour.

Jenna Elfman :
"J'ai toujours adoré leur esprit rebelle, qui s'était légèrement estompé au fil des ans. J'étais donc ravie de les retrouver ici tels qu'en eux-mêmes."

Brendan Fraser :
"Je pense que Jenna a hérité certains gènes de Carol Burnett ou Lucille Ball, tant elle est douée pour les gags physiques et les dialogues à 200 à l'heure. C'est une pro accomplie, qui adore son métier et avec qui on n'a que du bonheur à travailler."

LES LOONEY TUNES PASSENT À L'ACTION introduit un nouveau méchant "live" dans l'univers des Tunes : le maléfique Président d'Acme Corporation, dont le Coyote s'obstine à employer les armes et gadgets anti-Bib-Bip, qui régulièrement font long feu ou lui retombent sur le crâne. Mégalo de haut vol, qui aspire à contrôler la planète, le Président est incarné par le légendaire acteur, scénariste, auteur, réalisateur et producteur Steve Martin.

En lisant le script des LOONEY TUNES, Martin se sentit tout de suite "interpellé" par le détestable titan d'Acme : "Oui, je l'ai aimé et m'en suis aussitôt fait une image très précise. Par ailleurs, j'ai toujours adoré Daffy, Bugs, Elmer. Cela faisait déjà trois partenaires de choix."

Dante et ses producteurs donnèrent toute latitude à Martin pour créer le personnage à sa guise.

Joe Dante :
"Les méchants sont les rôles plus difficiles à tenir dans ce genre de films parce qu'ils agissent de manière très convenue. Pis, le Président est un type qui passe ses journées dans un bureau, ce qui n'est pas le décor le plus excitant pour une comédie. Mais Steve s'est emparé de ce personnage conventionnel et en a proposé, avec un réel culot, une interprétation aussi délirante qu'inattendue."

À propos de ce magnat en culottes courtes aux comportements adolescents, Martin note : "C'est à l'évidence un égocentrique et qui, de surcroît, s'imagine être irrésistible. C'est aussi un businessman frustré qui explose à la moindre contrariété. Dur, dur de diriger un empire quand on est aussi méchant!"

Les huit vice-présidents d'Acme, qui rivalisent de couardise et d'inefficacité, sont interprétés par des acteurs de composition familiers, dont certains appartiennent depuis longtemps à la "famille" Dante. L'imposant homme de main du Président, Mr. Smith, est incarné par l'ancien lutteur professionnel Bill Goldberg. Ses complices animés sont - notamment - Sam le pirate, le Vil Coyote, le Diable de Tasmanie et Marvin le Martien. Leur mission est de localiser le Diamant du Singe Bleu qui permettra à Acme de s'assurer le contrôle du monde.

À cette fin, les méchants ont capturé le suave et élégant Damian Drake, superstar du film d'espionnage, père de DJ et...agent secret - si secret que même son fils ignore tout de son second métier!

Les producteurs ne pouvait faire mieux que de s'adresser à Timothy Dalton, auquel il arriva de jouer certain espion de Sa Majesté...

Bernie Goldmann :
"Timothy joue ici un rôle pivot puisque tous les efforts de DJ tendent à sauver Damian d'une mort atroce. Drake est aussi le héros qui, à la fin, transmet, le flambeau à son fils. En jouant ce rôle avec un sérieux imperturbable, Timothy l'a rendu encore plus hilarant."

À Las Vegas, première étape de leur folle chasse au Diamant, DJ et Daffy débarquent au Wooden Nickel Casino de Sam le pirate et contactent l'affriolante chanteuse, danseuse et cowgirl Dusty Tails (Heather Locklear), qui se révèle être...une tueuse de la CIA.

Heather Locklear :
"Ayant grandi en compagnie des Looney Tunes, j'étais ravie de participer à ce film. Brendan et moi avons répété notre numéro pendant trois jours, et il s'est révélé si bon danseur que je n'ai eu que du plaisir à tourner la scène. Je suis prête à remettre ça sans hésiter!"

DJ, Kate Houghton, Bugs et Daffy se retrouvent bientôt en plein désert, au bord de l'épuisement lorsqu'ils découvrent par le plus grand des hasards le légendaire "Secteur 52", une base top secrète où le gouvernement américain dissimule depuis 1947 des dizaines d'extra-terrestre trop effrayants pour être livrés au regard du grand public. C'est le domaine réservé de "Mother", une scientifique et administratrice hautement loufoque, interprétée par Joan Cusack.

Joan Cusack :
"Cette gardienne d'extra-terrestres, quelque peu distraite et déconnectée de la réalité, s'inspire vaguement de la nouvelle M de la série James Bond, incarnée par Judi Dench. Mère de deux jeunes enfants, j'ai souhaité la rendre plus abordable, plus protectrice, plus chaleureuse. Les films qu'on peut voir et apprécier en famille sont rares, et j'ai été ravie de jouer dans celui-ci."

Tel était en effet le but des producteurs : "LES LOONEY TUNES PASSENT À L'ACTION est une grande aventure comique tous public, associant à deux héros favoris du cinéma d'animation une merveilleuse brochette de comédiens. C'est une extravagante fantaisie pleine d'effets spéciaux, mais aussi une comédie romantique, un tour de force en matière d'animation et, peut-être, un futur classique", dit deFaria. Quant à Joe Dante, il "espère que les spectateurs de tous âges y retrouveront ce qu'ils ont ressenti lorsqu'ils découvrirent pour la première fois les Looney Tunes.

Une nouvelle vie pour les Loonies

La réalisation d'un film de cette envergure, associant images "live" et animées, relève de l'exploit.

Chris deFaria :
"L'idée de base est que Bugs et Daffy sont de vrais acteurs, qui vivent et se meuvent dans notre monde. Il fallait donc émuler la rythmique, le feeling, le degré de réalisme d'un film en prises de vues réelles et produire des interactions parfaitement fluides entre comédiens et personnages animés."

Joe Dante :
"J'aimerais dire que Bugs et Daffy furent physiquement présents durant le tournage, mais ces lâcheurs nous laissèrent le plus souvent en plan, nous obligeant à les remplacer par des marionnettes."

Les brillants marionnettistes Bruce Lanoil et Dave Barclay fournirent à Fraser à Jenna Elfman les repères matériels sans lesquels ils n'auraient pu faire mine de jouer et dialoguer avec les Tunes. L'Atelier Créatures de Jim Henson fabriqua les marionnettes de référence sous la direction de Barclay, vétéran de cet art qu'il pratiqua dès l'âge quatre ans et qui remporta son premier succès en assistant Frank Oz (alias Yoda) sur L'EMPIRE CONTRE-ATTAQUE.

Lanoil et Barclay sont aussi des artistes comiques de haut vol, capables d'improviser avec les acteurs. Leur humour débridé et leur créativité furent des atouts majeurs dans l'élaboration des échanges entre personnages humains et animés.

Avant le tournage, Barclay et Lanoil avaient soigneusement étudié et assimilé les comportements et la rythmique de Daffy et Bugs.

Chris deFaria :
"Ils ne se sont pas contentés de dire les répliques, ils sont devenus Bugs et Daffy. Cela a permis à nos comédiens d'atteindre une qualité de jeu et un degré de spontanéité qu'on ne trouve guère que dans le cinéma "live". Le tournage de ces scènes n'en fut pas moins un processus laborieux et répétitif.

Joe Dante :
"Chaque plan nécessitait quatre étapes : 1) une répétition avec les marionnettes ; 2) une ou plusieurs prises avec les acteurs et les marionnettes, pour fournir aux comédiens les repères matériels nécessaires, leur permettre d'assimiler l'action, de bien orienter leur regard ; 3) une ou plusieurs prises avec les acteurs seuls, jouant "à vide" face à de simples marques ; un dernier passage pour les lumières seules."

Brendan Fraser :
"Il faut une certaine dose d'imagination pour tourner dans un film comme cela, bourré d'animation et d'infographie, car, le plus souvent on y joue avec des fantômes. Mais un an plus tard, lorsque toutes les pièces du puzzle seront en place, vous croirez sans peine que je suis en train d'étrangler Daffy ou de le virer par la fenêtre, et tout cela vous semblera aussi naturel que s'il était un partenaire de chair et de sang."

Vétéran de plusieurs grosses productions à effets spéciaux, dont JURASSIC PARK et ROGER RABBIT, le chef opérateur Dean Cundey prête ses talents aux LOONEY TUNES.

Dean Cundey :
"ROGER RABBIT fut l'un des derniers films à effets spéciaux photochimiques à réaliser le "compositing" sur tireuse optique. LES LOONEY TUNES PASSENT À L'ACTION est l'étape suivante. L'ordinateur nous est d'une aide précieuse car il permet de réaliser beaucoup plus de choses en postproduction et donne ainsi l'occasion aux animateurs et producteurs d'intervenir plus largement dans le processus créatif.

"Nous n'avions pas essayé de créer ici l'illusion du relief, parce que les personnages des Looney Tunes des années quarante et cinquante étaient à deux dimensions, conformément au style graphique Warner. On ne pouvait cependant pas utiliser des éclairages fortement contrastés sur les humains et "plats" sur les Tunes, car ceux-ci auraient semblé plaqués sur l'image. Pour leur donner vie dans le champ, il a donc fallu recourir à des éclairages relativement estompés, tout en essayant de rendre chaque scène intéressante et dotée d'une ambiance et d'un style visuel spécifiques."

L'apport du chef décorateur Bill Brzeski fut décisif dans l'élaboration de ce look très stylisé.

Bill Brzeski :
"Dès nos premières réunions de travail, nous avons décidé que chaque site regrouperait tous les éléments qui le connotent dans l'imaginaire collectif : Las Vegas aurait à la fois ses néons, ses touristes, ses casinos, ses danseuses ; la jungle africaine, ses lianes, son temple maudit et tous les pièges et obstacles qu'on s'attend à y trouver ; Paris, le Louvre, la Tour Eiffel, une gigolette, des bérets, un gendarme moustachu, etc."

Joe Dante :
"Bill s'est replongé dans les dessins animés originaux pour y puiser des idées de couleurs. Il a étudié les décors de Maurice Noble pour certains des premiers courts métrages et en a extrait des combinaisons chromatiques qu'il a pu replacer dans nos propres décors. D'où une palette pour le moins inhabituelle."

Le superviseur des effets visuels Chris Watts veilla à ce que toutes les mesures techniques soient prises en cours de tournage pour assurer l'intégration ultérieure des personnages animés aux acteurs. Il supervisa aussi des effets visuels complexes comme la séquence de la voiture espion volante et de l'attaque au sommet de la Tour Eiffel.

Chris Watts :
"Soixante pour cent du film est constitué d'effets visuels ou animés. Il fallait assurer la bonne insertion des personnages, la continuité des couleurs et des contrastes tout au long de l'histoire. Or la caméra des LOONEY TUNES est extrêmement mobile, les personnages animés vont et viennent à travers le champ, passent entre des personnages réels, déplacent de vrais objets, etc. Mon job consista à réaliser ces nombreux effets sans freiner la créativité du metteur en scène."

Selon Watts, LES LOONEY TUNES PASSENT À L'ACTION dénombre pas moins de 1200 plans à effets visuels, comprenant des "extensions" infographiques de décors naturels, des peintures numériques et le gommage des filins employés dans les scènes de cascades.

Le travail des animateurs débuta dès la fin des prises de vues réelles, au studio Warner Bros. Animation de Sherman Oaks (Californie). Ses 500 artistes (dessinateurs de layouts et de personnages, peintres, compositeurs, etc.) réalisèrent, sous la direction d'Eric Goldberg, toutes les étapes de l'animation manuelle 2-D destinée à être incorporée à l'image réelle.

Goldberg avoue une dette particulière à l'égard des Tunes : "J'étais ami avec Chuck Jones et je connais tous ces cartoons et leur histoire dans les moindres détails. J'estimais très important d'en capter l'esprit. Au-delà des nombreux défis techniques, mon but essentiel a été de présenter ces personnages dans leur vérité première, tels que les gens les ont toujours aimés."

Joe Dante :
"Je suis très fier de la qualité de l'animation. Eric a eu un travail très ardu, ne serait-ce qu'en raison de l'ampleur de son équipe. Mais chaque fois que ses services me renvoyaient une scène, j'y trouvais une nuance supplémentaire, un gag, de petits détails qui les amélioraient encore."

Un tournage très animé

Les prises de vues débutèrent en août 2002 dans le quartier de Hancock Park, à Los Angeles, site de l'élégante résidence de Damian Drake et théâtre de nombreux gags. (Bugs s'y livre notamment à un hilarant pastiche de la scène de la douche de PSYCHOSE qui aura le don d'énerver prodigieusement Kate.)

La production retrouva ensuite les studios Warner Bros. de Burbank dont elle utilisa plusieurs décors : la cantine, le poste de garde, les salles de projection, la jungle artificielle et son lagon. Ces scènes qui évoquent la splendeur ancienne d'Hollywood regroupent une ample figuration costumée : gladiateurs, cow-boys, fourmis géantes, créatures extra-terrestres… Toute la garde-robe provient des réserves Warner constituées à la grande époque des films à costumes.

Dans la cantine où déjeunent Kate et Bugs Bunny, on peut apercevoir plusieurs stars Warner, notamment Vil Coyote, des interprètes des séries TV "The Drew Carey Show" et "George Lopez", Matthew Lillard, vedette de SCOOBY-DOO et sa suite SCOOBY TOO, ainsi que son partenaire canin et le chien Shaggy.

La Batmobile au volant de laquelle Daffy percute l'emblématique château d'eau Warner, est bel et bien le véhicule du premier BATMAN, mais c'est une voiture "cascadeuse" qui la double pour la "chute" de cette scène mouvementée (où l'on reconnaîtra Roger Corman, mentor de Joe Dante, dans le rôle du réalisateur).

Le studio hébergea aussi certains des décors les plus élaborés du film, dont l'extravagant Casino de Sam le pirate avec ses cowgirls - pas "bluesy" pour un sou - , ses chevaux et ses cow-boys querelleurs.

Les centaines d'acteurs, figurants et artistes de cette séquence furent habillés par Mary Vogt, dans un style délibérément rétro :

"S'agissant d'un film familial, nous ne pouvions nous inspirer directement du Las Vegas actuel - ce serait trop osé. Mais nous tenions à une ambiance glamour, et ne pouvions mieux faire que de nous inspirer des années quarante, avec leurs pin-ups sexy mais couvertes, qui feraient un mélange savoureux avec les entraîneuses du Vieil Ouest."

En octobre 2002, l'équipe s'établit durant une semaine à Las Vegas pour filmer la façade du Plaza de Fremont Street et, surtout, la poursuite échevelée entre la "voiture espion" de nos héros et l'engin racé de Sam le pirate (la Chevrolet Dupont Monte Carlo n° 24 du champion Jeff Gordon, vainqueurs de quatre Coupes du Monde et grand fan des Looney Tunes.)

La "voiture espion" de Kate et Bugs est une puissante Tuscan S de la marque britannique TVR, alors que DJ et Daffy se contentent d'une simple "Gremlin 74", qui rappellera de bons souvenirs aux admirateurs de Joe Dante.

Durant son séjour dans le Nevada, l'équipe tourna aussi dans Red Rock canyon et le Parc de la Vallée de Feu, une région qui fait inévitablement penser aux folles aventures de Bip-Bip et son éternel ennemi le Coyote.

C'est au cœur de ce brûlant désert que nos héros découvrent une installation ultrasecrète, hébergeant quantité d'extra-terrestres sous la garde vigilante de "Mother" et son assistant, Robby le Robot (de PLANÈTE INTERDITE). Le décor de ce mystérieux Secteur 52, construit sur le plateau 22 de la Warner, pastiche allégrement ceux des S. F. de série B (ou Z) des années cinquante-soixante et regorge d'accessoires connotés, amoureusement reproduits par deux grands ateliers hollywoodiens, ADI (Amalgamated Dynamics Incorporated) et KNB EFX.

L'ADI de Tom Woodruff Jr. et Alec Gillis (deux concepteurs d'"effets créatures" primés à l'Oscar) réalisa le Mutant de Metaluna, l'Homme de la Planète X - du film éponyme d'Edgar G. Ulmer - et le Robot Monster ; KNB EFX réalisa, sous la direction de son cofondateur Greg Nicotero les Daleks, un Triffid, une cosse géante de L'INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURES (portée par la star de ce classique de Don Siegel, Kevin McCarthy) et l'Alien de Roswell. Les deux ateliers fournirent aussi large contingent de marionnettistes et animatroniciens pour habiter ou animer ces créatures.

C'est en Californie du Sud que furent tournés les épisodes parisiens du film, notamment celui de la Tour Eiffel, dont une réplique partielle fut érigée sur un grand parking des Studios Universal.

L'intérieur du Louvre fut tourné au Muséum d'histoire Naturelle de Los Angeles, bâtiment de style Beaux-Arts dont on orna les murs de reproductions de tableaux légendaires de Seurat, Dali, etc.

La dernière partie de l'histoire se déroule au cœur de la jungle africaine, décor permanent des studios Warner qui a figuré dans quantité de films de guerre et d'aventures. Le décor le plus élaboré du film : le temple de l'Île du Singe, fut construit sur le plateau 16, le plus vaste d'Amérique du Nord. Un travail de plusieurs mois qui mobilisa des dizaines de dessinateurs, décorateurs, peintres et menuisiers.